Il est né à Orense en Galice le 25 avril 1929. Après des études de philosophie à Madrid, il a étudié l’histoire à Oxford. Fonctionnaire pour les Nations-Unies, il a passé sa vie entre sa résidence professionnelle de Genève, Paris et sa maison à Almeria.
Passionné de peinture et de musique, sa poésie est sombre, axée sur la disparition, la mort, l’oubli et l’effacement. Valente cherche la trace, l’empreinte qui reste après la dissolution, les rêves impossibles.
Considéré comme le poète le plus influent de sa génération, José Angel Valente est mort en 2000. Mystique et érudit, il fut aussi un traducteur renommé (Montale, Hopkins).
La sombre violence
Du soleil
Se brisant sur les créneaux incendiés de l’air
Oiseaux
Copier la trame invisible
Dans la sombre matière
Forme
Formes qui confondent le réveil du matin
Sa lumineuse irréalité – Mimésis
Etre
Ne pas faire
Dans l’espace total de l’être
Etre, demeurer, s’en aller
Sans aller
Vers rien
Vers personne
Vers rien.
L’amour est dans ce qui nous lançons
(ponts, paroles)
l’amour est dans ce que nous tissons
(rires, drapeaux)
Et ce que nous combattons
(nuit, vide)
Pour le véritable amour
L’amour est tout ce que nous levons
(tours, promesses)
Dans tout ce que nous cueillons et semons
(enfants, futur)
Et dans les ruines de ce que nous abattons
(dépossession, mensonge)
pour le véritable amour
Comme un grand animal non visible l'air
descendait
abreuver les cieux.
Et nous, nous le contemplions émerveillés
dans la cabane humide de la peur
La nuit recouvrit notre misère
L'air ouvrait
la totale extension du matin,
déployait la lumière, les cavaliers venaient
et à la vue des eaux ils descendaient.
NE LAISSEZ PAS MOURIR les vieux prophètes car ils dressent leur voix contre l'usure qui aveugle nos yeux d'obscurs oxydes, la voix qui vient du désert, la nudité de l'animal qui sort des eaux pour fonder un royaume d'innocence, la colère qui en ailes déploie le monde, l'oiseau embrasé des apocalypses, les anciennes paroles, les cités perdues, l'éveil du soleil comme la certitude d'une offrande dans la main de l'homme. (extrait de Paysage avec des oiseaux jaunes).
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"Le temps passe et ne laisse rien. Il emporte, il entraîne beaucoup de choses avec lui. Le vide, il laisse le vide. Se laisser vider par le temps comme les petits crustacés et les mollusques se laissent vider par la mer. Le temps est comme la mer. Il nous use jusqu'à être transparents. Il nous donne la transparence pour que le monde puisse se voir à travers nous ou puisse s'entendre comme nous entendons la sempiternelle rumeur de la mer dans le creux d'un coquillage. »
Les œuvres de J.A. Valente sont publiées aux éditions Corti

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